Compte rendu de l'Assemblée du 23 mars 2017

 

 

Présents : Serge BOUCHENY, Lucien ESQUILAT, Gilles EVEILLARD Robert FOURMENTAL,  Claude GODART,  Dominique GUYOT,  Alain JANVIER, Michel LEGAC, Guy MURET, Henri SOUQUES, Thierry SOVY, Claude VEN, Michel VILAINE, Renato ZULIANI 

 

Rapport d’activité 2016 : Claude Godart

 

Hommage par une minute de silence à notre ami Daniel FAIZANG qui était adhérent à notre association depuis sa création. Militant CGT et du PCF, c’était un fidèle camarade de grande valeur humaine et un défenseur du CCE Snecma où il a travaillé de nombreuses années. 

Décision est prise d’envoyer un message de soutien et d’amitié à Maud Chalon qui  était hospitalisée depuis de longues semaines et  vient de rentrer chez elle pour une longue convalescence.

Notre AG se tient au 94 rue J P Timbaud  et j’en remercie l’UFM et son président Nicolas GIGLIO qui nous fera l’honneur de sa présence vers midi et après nous avoir rappelé ce que représente l’UFM et son activité nous offrira le verre de l’amitié.

 

Le 94 est un lieu historique riche de notre histoire sociale et des luttes qui se sont développées dans notre région et notre pays.

 

Après un repas que nous prendrons en commun vers 13h,  pour ceux qui le désirent, une visite des anciens bâtiments transformés en théâtre et lieu de culture par la ville de Paris est prévue.

 

Avant de vous présenter le bilan d’activité et les propositions pour 2017 et vous commenter le bilan financier permettez-moi d’aborder la situation politique mondiale et française qui me tient à cœur.

Notre association, depuis 11 ans maintenant, contribue au travail de mémoire par la transmission de  l’histoire sociale du passé  vécue par la CGT et les salariés de Gnome et Rhône puis de la Snecma et de ses filiales, afin de ne pas oublier le passé mais aussi pour amener notre contribution aux enjeux du présent et de l’avenir sur tout ce qui touche le mouvement social.

 

Les salariés ont besoin de savoir et de comprendre quel rôle ont joué la CGT et leur prédécesseurs mais aussi ceux qui les ont combattus parfois de manière radicale et meurtrière dans la réalité sociale et industrielle où ils sont immergés.

 

Mouvement qui a toujours été combattu par les forces de droite et réactionnaires, le grand patronat et la finance. Ces batailles idéologiques vont certainement encore s’amplifier après ce quinquennat désastreux et ce qui peut se passer en 2017.

 

Montée du fascisme en Europe Autriche, Pologne, Hongrie, Hollande, la Grande Bretagne avec leur brexit,  aux USA avec l’élection de TRUMP. En France avec l’extrême droite et la droite extrême, ce qui  doit nous obliger à renforcer notre travail et nos témoignages pour éclairer sur la situation actuelle que nous vivons, ses enjeux à partir de notre histoire.

 

Nous sommes dans un contexte politique économique et social  très complexe, l’année 2017 est l’année de tous les dangers et nous devons être très vigilants. Chaque jour, on peut se demander ce qui va se passer dans la journée, les jours et les semaines à venir.

 

Sans développer,  nous ne pouvons à aucun moment tolérer ce qui se passe avec DAESCH et ses cruels attentats, les massacres en Syrie et en Afrique noire ainsi que la façon dont sont traités tous ces migrants.  Le moyen Orient est à feu et à sang avec une multiplicité de sources de violence. Le conflit israélo palestinien s’enlise avec un comportement criminel de l’Etat d’Israël. Une Russie de plus en plus guerrière, des menaces permanentes avec de très nombreux conflits sur la Chine et le Japon, le Vietnam et les Philippines, la division des deux Corée,  les tensions entre la Corée du Nord et les USA.

Une crise du capitalisme qui a des caractéristiques spécifiques dans chaque pays. Partout, cependant, le mouvement populaire est en recul sur le plan politique et idéologique.

 

 En France en 2016,  les mobilisations ont montré une CGT de masse démocratique qui ne lâche rien. Le soutien très majoritaire de la population à l’égard du mouvement et pour le retrait de la loi El Komri, leur soutien face aux attaques ignobles vis à vis des militants de la CGT traités comme de vulgaires criminels en atteste. Je ne développe pas sur la loi El Komri et le passage en force du gouvernement Valls par le 49-3.

 

Notre travail d’explication sur les différentes époques de luttes sociales 36, 45 et le CNR 68, 81, 88 et les réactions du grand patronat, peut et doit permettre de faire évoluer les salariés vers d’autres solutions. Le travail réalisé depuis la création de notre association et notre activité en 2016 le permet.

Nous avons sorti 3 cahiers qui ont traité :

  • De la privatisation de la Snecma et les contestations des salariés et des cadres le 21 Avril 2004 devant le Zénith de Paris
  • Les contrats solidarité à la Snecma
  • L’histoire d’une usine, celle d’Hispano Suiza Bois- Colombes dont le site protégé est devenue une école primaire
  • Un article sur le livre de Jacques Laloé « c’était écrit » jacques est l’ancien maire d’IVRY mais aussi un ancien salarié et apprenti de Kellermann
  • Une publication sur la stèle de Corbeil et les martyrs de Gnome et Rhône 39-45
  • Un compte rendu de notre AG 2016
  • Un hommage à une secrétaire de Kellermann devenue une grande dame de la chanson française  PATACHOU
  • Un témoignage de Lucien Esquilat sur les attentats qu’il a vécu en direct le 13 novembre 2015 au Bataclan où un militant CGT de Gennevilliers a été assassiné Richard Rammant.
  • Le destin ouvrier dans une entreprise en guerre Gnome et Rhône par Alexia BRUN

 

Nous avons, après l’expo et la brochure sur les 70 ans des CE en 2015, travaillé avec les syndicats CGT de Corbeil actifs et retraités à l’élaboration d’une expo et d’une brochure sur les 50 ans d’histoire de luttes de la CGT dans l’usine de Corbeil.

 

Sur la stèle de Corbeil des victimes de 39-45 de Kellermann, stèle qui avait été financée par les salariés eux-mêmes et scellée à l’intérieur de leur usine avant d’être transférée  à Corbeil lors du déménagement grâce à  notre camarade Jean Le Hen (stèle inaugurée le 8 Novembre  1974)

 

Nous avons en projet dans le cadre de la journée nationale de la Résistance le 27 Mai de faire  chaque année une initiative avec les syndicats CGT de Corbeil, voire du groupe  (voir avec la DG) un dépôt de gerbe au pied du monument.

 

Nous proposons aussi avec les actifs de distribuer un tract à l’ensemble des Snecma rappelant le drame qu’ont vécu des salariés, leurs martyrs et dénoncer les responsables de ces actions.

 

Nous préparons la sortie d’un livre qui reprendra les bibliographies des 67 martyrs. Nous avons rencontré la DG plusieurs fois qui nous a ouvert les archives pour la collecte de documents et qui est prête à nous donner une participation financière.  SERGE vous en donnera beaucoup plus de détail tout à l’heure.

 

 Nous avons aussi participé activement à un colloque national confédéral sur 2 jours sur les luttes CGT de 1975 à 1995 où  je suis intervenu personnellement au nom de notre association sur les luttes 1500 francs pour tous et sur le contexte économique, politique et syndical de l’époque.  Intervention très appréciée et qui nous a permis de nouer des contacts avec un historien universitaire.

 

Nous avons aussi comme projet d’aider à construire une exposition et une brochure sur les 70 ans de  la Snecma Villaroche avec les syndicats du site.

 

Nous  continuerons à participer activement aux différents instituts d’histoire : fédéral, régional et confédéral. Nous avons toujours en débat de construire des contacts plus réguliers avec les différentes AHS de l’aéronautique mais cela ne peut se faire que dans un cadre fédéral.

 

Pour en terminer et en m’excusant d’avoir été trop long, 2 éléments très importants :

Notre association vieillit, des camarades disparaissent, d’autres prennent de l’âge et nous avons besoin de nous renouveler tant aux niveaux des adhésions qu’au niveau du bureau.

 

Certes il faut chercher chez nos nouveaux retraités mais nous avons aussi besoin d’avoir des relations  plus importantes avec nos syndicats d’actifs et non d’une manière épisodique à l’occasion d’un grand événement. C’est un sujet sur lequel nous sommes en échec.

 

Enfin dernier point, nous avons toujours besoin d’archives, de documents et de photos que nous gardons et restituons mais aussi besoin de beaucoup de témoignages sur tous les sujets vécus dans l’entreprise.

 

Place au débat !

 

Michel Legac pense que nous ne sommes pas seulement une association d’anciens combattants. La bataille des idées fait des ravages dans la tête des français et c’est à un véritable génocide culturel auquel nous avons à faire face.

Ce que nous faisons est utile à la mémoire collective des nouvelles générations de personnel de SAFRAN qui actuellement embauche de nombreux jeunes dans toutes les catégories du personnel.

Le film « la sociale » est révélateur de l’état de la connaissance historique de l’histoire sociale et de l’histoire tout court. Personne ne connait Ambroise Croizat à l’intérieur même de l’entreprise. On comprend mieux pourquoi, ils sont enclins à donner des coups de boutoir contre la sécu.

Sur les retraites complémentaires, il faut revenir sur le sujet pour montrer les avancées, acquis de la lutte de 1988. La cotisation de 16 % au lieu de 8% permet d’avoir un bon niveau de retraite complémentaire pour les ouvriers.

 

Serge Boucheny  aborde la question du livre en préparation sur le monument aux morts de Kellermann transféré à Corbeil lors du déménagement.

Le travail est pratiquement fini sur la rédaction des 67 biographies des noms figurant sur le monument ainsi que des textes complémentaires.

La Direction générale nous a ouvert ses archives et finance le livre à hauteur de 10 000 €. Proposition d’une souscription dans chaque CE et CCE est adoptée afin de compléter le financement. Nous partons sur un objectif de distribuer 2000 livres dans les CE.

Il nous reste à trouver la date de l’implantation de la plaque à Kellermann et pour cela, nous allons aller consulter les archives du CCE SNECMA qui se trouvent à Corbeil.

 

Serge Guyot confirme que les fiches de 63 personnes sont finies et que la sociologie des 67 personnes est connue. La Direction, en ouvrant ses archives et avec l’aide active du personnel de ce service nous a permis de réaliser ce lourd travail car nous n’avons pas le droit de nous tromper.

Ils étaient résistants – soldats - déportés politiques et juifs – engagés volontaires en 1944 – morts sur les barricades ou au STO. Nos recherches ont permis de trouver des erreurs sur la plaque sur la cause de leurs morts.

Reste à définir le nombre de pages et le format de ce document de 120 pages environ. Pour la diffusion, il faut sortir de la clandestinité et proposer une souscription dans les CE et les syndicats.

 

Alain Janvier s’interroge sur le sens de l’organisation AHS. Nous ne sommes pas des anciens combattants. Notre rôle est de faire œuvre d’histoire. Il faut aller sur le terrain de l’histoire sociale et il faut le faire nous-mêmes.

S comme SNECMA, la nouvelle génération ne sait pas de qui on parle. Je pense qu’il faut devenir AHS SAFRAN.

Sur la société SAFRAN, nous assistons à une envolée des profits et à une recomposition sociologique. Le travail que nous avons effectué lors de notre vie salariale à la SNECMA n’est plus effectué aujourd’hui chez SAFRAN. C’est l’explosion de la sous-traitance par la délocalisation hors de nos frontières.

 

Robert Fourmental revient sur le problème des archives dont celles du Conseil d’administration SNECMA à partir du moment où il y a eu des administrateurs CGT, c'est-à-dire depuis le début. Il faut récupérer la clef.

Sur la surcotisation patronale de 16 % au lieu de 8% pour les complémentaires, il doute que se soit un acquis de la lutte de 1988.

 

Lucien Esquilat dénonce le fait que l’on entend plus parler de l’économie que du travail. On ne parle plus du travail humain. L’économie écrase le travail.

 

Thierry Sovy pense que l’exploitation du monde du travail est toujours la même.

Sur les archives du CCE, il est difficile de retrouver leurs traces car depuis le déménagement de Paris à Fontenay et la perte de la gestion du CCE par la CGT, les archives ont disparu. Il pense qu’elles sont à Corbeil. Peut-être que Jacky Delys pourrait nous renseigner.

Sur le livre en préparation, confirmation de Jocelyn Robieu du financement par la Direction  à hauteur de 10 000 €.

Pour la souscription, nous avons des soucis pour travailler avec les actifs. Il faut passer par l’outil CE pour faire prendre en compte notre travail d’histoire sur la plaque.

Sur le nom de notre association, proposition de s’appeler AHS SNECMA du groupe SAFRAN.

Il est favorable à ce que l’on revienne sur l’histoire de la complémentaire santé et du temps de travail.

Pour le livre en préparation, il faut penser à son archivage et son stockage.

 

Claude Godart demande une rencontre avec le syndicat CGT de Corbeil afin de préparer au mieux la journée nationale de la résistance avec la pose d’une gerbe sur la plaque et une intervention de l’AHS. Pour la date, il faut se mettre d’accord car le 27 mai tombe un samedi.

Sur la retraite complémentaire, c’est un point important à faire connaitre aux actifs.

Pour 2018, ce sera l’année du cinquantenaire de mai 68 et les 30 ans de 1988. Nous devons préparer au mieux les deux événements. Il nous reste de nombreux livres de 68 et 88 qui vont nous servir de support.

 

André Mesas pense qu’il va y avoir de nombreuses initiatives sur 1968 auxquelles nous devons participer. Il faut montrer la lutte des travailleurs car il y tendance à mettre de coté les actions et luttes de ceux-ci dans les nombreuses victoires obtenues. A la SNECMA, l’exemple d’une réussite en est la lutte pour le civil.

 

Robert Fourmental s’occupe du rendez-vous pour une rencontre avec le syndicat de Corbeil. Les clefs des archives doivent se trouver au CCE.

 

Alain Janvier revient sur la retraite complémentaire et son taux qui au départ était destinée aux cadres et qui par la lutte a été élargie à l’ensemble du personnel.

Il aborde plusieurs sujets sur l’évolution de la direction, l’évolution des diplômes dans l’entreprise, l’anniversaire de 1968.

Sur l’histoire et les dangers des prochaines élections, il cite la 97ème promesse électorale de MLP  « renforcer l’unité de la nation par la promotion du roman national et le refus des repentances d’état qui divisent ».

 

Michel Legac pense que mai 68 est un très bon sujet pour montrer les luttes qui gagnent avec l’acquis à l’époque de la suppression de la carence de 3 jours pour les ouvriers en cas d’arrêt maladie.

Sur la privatisation qu’il dénonce et qui se poursuit avec le rachat de Zodiac par Safran, il cite les arguments de la Direction « il faut ouvrir le capital pour être plus fort ».

 

Election du bureau :

 

Henri Souques présente l’ancien bureau et fait appel à candidature pour le bureau 2017. Il devient urgent d’avoir du renfort particulièrement pour les grands centres comme Corbeil et Gennevilliers.

Il est indispensable de recruter un membre à Gennevilliers qui est si riche en luttes victorieuses particulièrement dans la défense des droits syndicaux mais également dans la lutte pour la défense de l’outil de travail. Pour cela, il est indispensable qu’un élu ou ancien élu nous rejoigne pour écrire leur histoire.

Sans nouvelle candidature, le bureau est réélu à l’unanimité.

 

Claude Godart conclut notre AG en présentant Claude VEN, président de l’IHS national Métallurgie et en abordant les sujets principaux que nous devrons traiter en 2017 en poursuivant notre travail sur l’histoire sociale de la société.

Comment également travailler ensemble non seulement avec les actifs mais également avec les autres associations d’histoire sociale de l’aéronautique en province.

 

Claude Ven annonce l’assemblée générale de l’IHS métaux le 30 avril 2017 à Montreuil.

Sur l’élargissement SNECMA avec le groupe SAFRAN, il faut voir avec les actifs car nous ne pourrons pas faire sans eux pour écrire leur histoire.

Il propose de donnez un coup de main de l’IHS métaux si nécessaire pour le financement de notre livre.

Sur Henri Gautier, mort en déportation en 1945, militant communiste et syndicaliste CGTU, trésorier de la fédération CGT des métaux. Il fut également administrateur des œuvres sociales de la Métallurgie et à ce titre participa à l’achat du patrimoine dont JP Timbaud et le parc de Baillet. Un livre est en préparation sur sa vie de militant.

Sur 1968, l’IHS national prépare un colloque en 2018.

BILAN FINANCIER :

Le bilan 2016 présente un solde positif provenant de la vente des brochures sur 1988.

Nous sommes 33 adhérents à ce jour à notre association.

Le bilan est voté favorablement à l’unanimité.

SITE INTERNET :

Notre site est visité régulièrement. Reste à le faire connaitre aux actifs du groupe. Nous aborderons le sujet lors de notre prochain bureau.

 

Notre AG se termine par une présentation de l’UFM par son président Nicolas GIGLIO qui  nous invite au verre de l’amitié.

 

Une visite du complexe culturel géré par la ville de Paris est organisée pour l’après-midi.